Dans le cadre du projet fables, Sylvie Ronteix nous conte « La Cigale et la Fourmi »:

 

Cette fable est la première fable du Livre I des Fables de La Fontaine située dans le premier recueil des Fables de La Fontaine, édité pour la première fois en mars 1668. Il est donc logique que ce soit la première fable que nous vous proposions.

En voici le texte original (extrait du livre distribué aux élèves de CM2 et illustré par Emmanuel Guibert) :

 

Pour écouter cette fable de La Fontaine,  voici 3 versions audio :

  • Sur le site « Il était une histoire » conçu et réalisé par Rue des Ecoles, en partenariat avec MAIF  (choisir « Ecouter » dans le menu déroulant en bas à gauche de l’écran »):

Ecouter la fable de La Fontaine sur le site « Il était une histoire »

  • Texte par Hélène Ginestar :

Ecouter la fable de La Fontaine par Hélène Ginestar

  • Lecture scénarisée par Fred Darevil :

Ecouter la lecture scénarisée par Fred Darevil

 

L’origine de la fable

Plusieurs auteurs ont proposé une version de cette histoire  avant La Fontaine (avec parfois des protagonistes différents) :

Ésope (VIe siècle avant J.-C.) : De la fourmi et de la cigale ou  La cigale et les fourmis (selon les traductions). Voici une traduction par Émile Chambry en 1927:

« C’était en hiver ; leur grain étant mouillé, les fourmis le faisaient sécher. Une cigale qui avait faim leur demanda de quoi manger. Les fourmis lui dirent : « Pourquoi, pendant l’été, n’amassais-tu pas, toi aussi, des provisions ? — Je n’en avais pas le temps, répondit la cigale : je chantais mélodieusement. » Les fourmis lui rirent au nez : « Eh bien ! dirent-elles, si tu chantais en été, danse en hiver. »

Cette fable montre qu’en toute affaire il faut se garder de la négligence, si l’on veut éviter le chagrin et le danger. »

Cliquer sur ce lien pour lire d’autres versions de la fable d’Esope par d’autres traducteurs collectées par le site soutien 67 

 

Gilles Corrozet (1510-1568) :

Des fourmis et de la cigale ou grillon

Une grand’troupe de fourmis
Ensemble en un creux s’étaient mis,
Et avaient durant tout l’été
Amassé grande quantité
De blé, qu’ils avaient pu trouver
Pour se nourrir durant l’hiver ;
Lequel venu, une cigale
De qui la cure principale
Est de chanter l’été durant,
Laquelle était faim endurant,
Vint aux fourmis, et leur pria
Lui donner si peu qu’il y a
De leur blé. Ce qu’ils refusèrent,
Et par rigueur lui demandèrent
Qu’elle avait fait l’été passé,
Sans avoir son pain amassé.
Dit la cigale :  » Je chantais
Et par les blés je m’ébattais. –
Lors, dirent les fourmis ainsi,
Il faut que l’endures aussi
Puisqu’ainsi est que tu as tant
Chanté l’été en t’ébattant,
Il te faut en hiver danser
Ainsi te faut récompenser.  »
Qui ne pourvoit en temps et heure
En grand’nécessité demeure

La morale de cette histoire

La fable oppose la dépense et l’épargne, le partage et l’égoïsme, la préoccupation de l’art et celle de l’économie…

Mais dans la fable de La Fontaine, la morale n’est pas explicite. L’auteur ne prend pas vraiment parti entre la prévoyance de la Fourmi (mais du coup, de son égoïsme) et la jouissance de l’instant présent de la Cigale (mais du coup, de son insouciance).

La cigale étant toujours en difficulté à la fin de la fable, on suppose que La Fontaine valorise la prudente épargne. Pourtant, en analysant bien le texte, on peut penser que La Fontaine ne condamne pas la cigale. Il la présente polie (« La priant de »), honnête (s’engage à rembourser le prêt avec intérêts) et demandant peu (« Quelque grains pour subsister »).. alors que la fourmi est dévalorisée (« La Fourmi n’est pas prêteuse : / C’est là son moindre défaut. »)…

Dans la société du XVIIème siècle, les artistes qui se consacrent avant tout à leur art ne sont pas toujours bien perçus, contrairement aux gens prévoyants. Mais La Fontaine est un artiste qui vit du mécénat, il ne peut donc pas condamner la cigale.

 

D’autres auteurs sont plus explicites et condamnent la négligence:

Esope : il faut se garder de la négligence, si l’on veut éviter le chagrin et le danger. »

Corrozet:  Qui ne pourvoit en temps et heure/ En grand’nécessité demeure

Dix ans après La Fontaine, Isaac de Benserade (1612-1691), ami de La Fontaine qui écrit des fables en quatrains, rend aussi la morale plus explicite :

Charles Lenfant, chevalier de Saint-Gilles  écrit  sa version en 1709 (extrait de la muse mousquetaire) avec cette morale: :

Quand on est vieux. C’est trop tard qu’on regrette
Les jours perdus et de faire moisson
Le temps n’est plus. [variante : Il n’est plus temps]

Le message, maintes fois répété, est donc clair : l’épargne vaut mieux que la dépense, l’économie est plus importante que l’art…

image de Calvet-Rogniat sur les bons points

Jean-Jacques Rousseau déconseillait d’apprendre la fable aux enfants, la considérant comme ambigüe et trop difficile à interpréter.

Voici ce qu’il dit en 1762, dans le livre II de l’Emile à propos de La Cigale et la Fourmi

« Quelle horrible leçon pour l’enfance ! Le plus odieux de tous les monstres serait un enfant avare et dur, qui saurait ce qu’on lui demande et ce qu’il refuse. La fourmi fait plus encore, elle lui apprend à railler dans ses refus. »

Des versions qui modifient la fin

Les auteurs qui ont repris cette fable après la Fontaine ont parfois modifié la fin pour rendre la fourmi plus altruiste ou tout au moins, pour justifier un peu son comportement. On peut citer par exemple :

Eustache Le Noble (1700) : Fable 111- De la cigale et de la fourmi – L’économie

Le Noble, pour rendre la cigale plus coupable et faire paraître la fourmi moins dure, raconte que la cigale, pendant l’été, se moquait de la peine que prenait la fourmi. La revanche de celle-ci est de la sorte un peu plus légitime, mais sans être exemplaire.

Edouard Jouin (XVIIIème) : dans sa version,  la fourmi donne du grain à la cigale :

« Prends ce grain… et qu’avec la gaieté
Il te rende la vie.
Tu ne trouves plus rien, mais j’ai dans mon grenier

Les trésors du beau temps dernier :
Ne crains donc plus la faim : chante encore, pauvre amie

Jean-Espérance-Blandine de Laurencin ( 1802) : une version à rebondissement : La cigale, se sentant mourir de misère, va trouver la fourmi persuadée qu’elle n’ouvrira pas sa porte. Or…

 » Elle y va ; la fourmi soudain
Lui donne un sac du meilleur grain;
Puis ajoute : Voyez, ma mie,
A quoi sert mon économie !
Aurois-je pu sans elle ainsi vous soulager !
Et jouir du plaisir si doux de partager ?
Cependant soyez diligente ;
Vous n’aurez pas toujours un tel appui :
Car quand on compte sur autrui,
On est souvent trompé dans son attente. »

L’auteur s’explique :

 

En 1823 Laurent P. Jussieu  (neveu du célèbre naturaliste) écrit L’abeille et la fourmi qui place la fourmi dans la situation de l’arroseur arrosé : un faisan ayant détruit sa fourmilière, la fourmi « à jeun, le corps tout transi » vient trouver l’abeille pour lui demander de l’aide:

– Oh ! oh ! répondit l’abeille,
Vous discourez à merveille ;
Mais vers la fin de l’été,
La cigale m’a conté
Que vous auriez rejeté
Une demande pareille.
– Quoi ! vous savez ? – Mon Dieu, oui ;
La cigale est mon amie.
Que feriez-vous, je vous prie,
Si, comme vous, aujourd’hui,
J’étais insensible et fière ;
Si j’allais vous inviter
A promener ou chanter ?
Mais rassurez-vous, ma chère ;
Entrez, mangez à loisir ;
Usez-en comme du vôtre ;
Et surtout pour l’avenir
Apprenez à compatir
A la misère d’un autre. »

Vous trouverez l’intégralité de ces textes et quelques autres collectés par Jean Stouff sur Biblioweb :

https://biblioweb.hypotheses.org/20343

Le partage, la générosité, l’altruisme ont donc été les valeurs mises en avant dans des versions postérieures à La Fontaine.

Cette fable a été maintes fois reprise au fil des siècles et il serait impossible d’en faire un inventaire exhaustif.

Mais on constate que, dans des versions plus récentes, c’est l’idéal de vie de la cigale qui est parfois mis en valeur.

Voici un beau texte qui résume cette pensée. Il est de l’écrivain  Jacques Lacarrière (1925-2005),  dans son livre Chemins d’écriture paru chez Plon (coll. « Terre humaine ») en 1988. :

« Toujours, j’ai eu en haine cette Fourmi, ménagère égoïste et cupide n’ayant d’autre souci que son confort et sa survie, et toujours j’ai détesté le modèle qu’elle représentait – qu’elle représente encore – dans les conseils prodigués aux enfants. Ce modèle est très simple : prévoir, travailler, épargner. Chanter, rêver, dire la beauté du monde – autrement dit, être poète – est une absurdité, quand ce n’est pas une activité antisociale. En d’autres termes, la Fourmi est le parfait modèle de toutes les sociétés, capitalistes ou socialistes, elle représente à merveille la travailleuse industrieuse, silencieuse et obéissante dont ces deux régimes ont besoin.

Pour ma part donc, en dépit des conseils puis des ordres puis des menaces, j’ai toujours voulu être Cigale. Non parce qu’elle se contente de chanter sans se soucier du lendemain, mais parce que, à l’inverse de la fourmi qui n’accumule que pour elle, la Cigale chante pour tous.

Résumons : la Cigale vit seule dans les arbres au soleil. La Fourmi vit en société sous terre et dans la nuit. Ces deux vies, ces deux voies sont totalement incompatibles. Mais toute l’éducation, tout l’enseignement que l’on reçoit vont dans le sens de la Fourmi. Pour ma part, j’ai su assez tôt résister à l’embrigadement au sein des fourmilières, car depuis longtemps le tilleul m’avait dit toi, tu seras Cigale. »

 

C’est scientifique cette histoire de cigale et de fourmi ?

Souvent, dans nos ateliers contes, nous rions du caractère peu scientifique de certaines histoires.

Qu’en est-il de cette fable ?

Jean-Henri Fabre (1823-1915)  a relevé les erreurs de La Fontaine dans ses « Souvenirs entomologiques » :

  • La cigale ne mange pas de mouches ou de vers.
  • Elle meurt à la fin de l’été ; elle ne peut donc « crier famine » quand la bise souffle
  • La fourmi, qui dort en hiver dans sa fourmilière, ne peut l’entendre,
  • D’autre part, elle est carnivore et n’amasse pas le grain..

Toutefois, cette dernière erreur peut être remise en cause puisqu’il existe des fourmis granivores.

« La Fontaine, qui nous charme dans la plupart de ses fables par une exquise finesse d’observation, est ici bien mal inspiré. Il connaît à fond ses premiers sujets, le Renard, le Loup, le Chat, le Bouc, le Corbeau, le Rat, la Belette et tant d’autres, dont il nous raconte les faits et gestes avec une délicieuse précision de détails… mais la Cigale est une étrangère…  La Fontaine ne l’a jamais entendue, ne l’a jamais vue. Pour lui, la célèbre chanteuse est certainement une sauterelle. » (Jean-Henri Fabre)

Grandville  (1803–1847)

« Grandville, dont le crayon rivalise de fine malice avec le texte illustré, commet la même confusion. Dans son dessin, voici bien la Fourmi costumée en laborieuse ménagère. Sur le seuil de sa porte, à côté de gros sacs de blé, elle tourne dédaigneusement le dos à l’emprunteuse qui tend la patte, pardon, la main. Grand chapeau en cabriolet, guitare sous le bras, jupe collée aux mollets par la bise, tel est le second personnage, à effigie parfaite de sauterelle. Pas plus que La Fontaine, Grandville n’a soupçonné la vraie Cigale ; il a magnifiquement traduit l’erreur générale. » (Jean-Henri Fabre)

Pour lire l’intégralité du texte de Jean-Henri Fabre :

Le texte sur le site e-fabre.com

Il est intéressant de consulter également l’ouvrage publié par Pierre Blanchard en 1810 intitulé La Fontaine des enfans ou Choix de fables de La Fontaine, les plus simples et les plus morales, avec des explications à la portée de l’enfance, dans lequel la fable de « La Cigale et la fourmi » est le prétexte à huit pages d’explications d’entomologiste sur les cigales et les fourmis :

Consulter l’extrait cité sur le site de la BNF (Gallica)

 

Les détournements

Les détournements de la fable sont légion !

On en trouve quelques versions sur le site de la BNF pour illustrer la notion d’intertextualité :

Raymond Queneau : La cimaise et la fourmi (Oulipo, La littérature potentielle, 1973) :

Queneau y applique la méthode S+7 : il remplace les noms, adjectifs et verbes de La Cigale et la Fourmi par la septième mot – de la même catégorie grammaticale – qu’il trouve dans le dictionnaire après celui à modifier.

Voir le texte ici sur un document d’une école de Fresse-sur-Moselle

Yak Rivais : Les contes du miroir, 1988 : Fable écrite en verlan (interversion des syllabes d’un mot).

On trouve aussi ce texte sur le site de la BNF, avec celui de Queneau :

Cliquer ici pour pouvoir accéder à la page de la BNF sur la notion d’intertextualité

Une version du poète Philippe Martineau où c’est le comportement de la cigale qui est vanté :

Cliquer ici pour lire ou écouter son texte sur le site « En mot dièse »

 

D’autres grandes plumes ont réécrit cette fable :

              

 

                        

 

Pour écouter une version en argot, on trouve sur le site des bibliothèques patrimoniales de Paris, un enregistrement de 2 fables en argot ( à la manière de Boby Forest) racontées par Yves Deniaud  :  (78 tours numérisé / audio : 2 minutes 12 secondes)

Cliquer ici pour écouter les 2 fables en argot

 

Des humoristes ont aussi parodié le texte de la fable :  Pierre Repp (célèbre pour son « talent » de bafouilleur),  Pierre Péchin (avec l’accent arabe) …

 

Enfin, Disney s’est aussi emparé de la fable en 1934 :
Cliquer ici pour en savoir plus

La fable en différentes langues

Vous trouverez sur le site « parents solidaires » (un réseau bénévole d’entraide et de partage), la traduction de la fable (ainsi que celle du corbeau et du renard) en différentes langues:

  • néerlandais,
  • anglais
  • allemand
  • russe
  • espagnol

Et le site Lyrics transat pour des versions en:

  • portugais
  • italien
  • roumain
  • suédois

Accéder au site Lyric translate

 

Voici également la fable en langue des signes:

 

Les versions musicales

La fable a été mise en musique par Jacques Offenbach en 1842, Camille Saint-Saëns en 1850 (?), Benjamin Godard en 1872, Charles Gounod en 1882, Charles Lecoq en 1885, Léopold Dauphin en 1898, André Caplet en 1919, Dmitri Chostakovitch en 1921, Maurice Delage en 1931, Marcelle de Manziarly en 1935, Francis Poulenc en 1940, Joseph Jongen en 1941, Paul Hindemith en 1942, par Charles Trenet et Django Reinhardt (qui l’ont interprétée) en 1941, puis Ferenc Farkas en 1977, par Xavier Benguerel (1998)….
Voici une chronique sur France musique qui, en 3 minutes, vous parlera de l’univers musical de cette fable :
Battements de chœur-France Musique-Variations sur la cigale et la fourmi

Dans cette chronique, on entend un choeur d’enfants chanter la version de Charles Trenet.

En effet, Charles Trenet a chanté cette fable accompagné par Django Reinhardt en 1941 :

 

Une chanson de Pierre Perret, extraite de son album  « Pierre Perret chante 20 fables inspirées de Jean de La Fontaine :
Cliquer ici pour écouter Pierre Perret

Une belle version du groupe Les octaves extraite de l’album Jean de La Fontaine : Le retour
( Chanson de Xavier Lacouture – Musique de Jean Claude Bramly)
En 1981, les humoristes Pit et Rik chantent La cicrane et la froumi 

 

 

 

Les récupérations publicitaires

Depuis longtemps, le thème de cette fable a été source d’inspiration :

Pour ne pas se retrouver dans le besoin, adhérez à telle assurance..

Pour ne pas mourir de faim, mangez telle biscotte, telle farine, tel chocolat…

 

Pour ne donner que quelques exemples, voici deux buvards publicitaires datant approximativement de 1955 :

Vers 1989:

Et cette publicité de 1999 avec les voix d’Anémone et  de Sabine Azéma (que vous pouvez voir sur le site « La maison de la pub »)… avec cette chute quand la fourmi et la cigale se font la bise : « La bise est venue et on n’est pas dépourvues ! ».

Les messages contemporains

Indépendamment de la publicité, la fable a été reprise pour passer des messages…

Voici quelques exemples:

Une version par la Ligue contre le cancer  (1998) intitulée : La cigale, le tabac et la fourmi
Voir ici le document

Un message pour l’agroécologie:
Voir ici la vidéo

On peut aussi évoquer les nombreuses versions qui fleurissent en ces temps de COVID et de confinement.

Pour n’en citer qu’une,  en voici une signée « Jean de la Quarantaine », qui circule sur les réseaux sociaux:

Les illustrations

Pour finir cet article un peu long, voir quelques illustrations  à travers les siècles…

Mais vous trouverez dans les éditions contemporaines le talent de nombreux autres illustrateurs…

La cigale et la fourmi, illustration par François Chauveau (1613-1676), pour les « Fables choisies mises en vers par M. de la Fontaine », Claude Barbin et Denys Thierry, Paris, 1668

Illustration d’Eugene LAMBERT pour le Journal pour tous du 21 janvier 1863.

 

Gustave Doré  (vers 1868):  Dessin préparatoire pour l’illustration des fables de La Fontaine : Plume, encre, lavis, gouache blanche, sur bois

Louis-Maurice Boutet de Monvel, dans Fables choisies pour les enfants et illustrées, 1888, Plon-Nourrit & Cie, imprimeurs-éditeurs, Paris

 

Kadji-ta Han-ko, artiste japonais (1894)

Pour en savoir plus sur les fables illustrées par des artistes japonais:
Cliquer ici pour accéder à l’article du site baxleystamps.com

Lithographie Benjamin Rabier, 1906

 

 

Illustration en silhouettes d’Henri Avelot (1932) : Dessin extrait du livre  » Dix fables d’animaux, illustrations en silhouettes humoristiques aux dépens des humains  » (Paris, édition Henri Laurens, 1932).